Réseau de Santé du Bassin de Thau

Groupe Associatif Interdisciplinaire d’Accompagnement

Douleurs chroniques et Maladies chroniques

iStock-509227270

LA DOULEUR CHRONIQUE

Définition

La Haute Autorité de Santé définit la douleur chronique comme un syndrome multidimensionnel exprimé par la personne qui en est atteinte.

Il y a douleur chronique, quelles que soient sa topographie et son intensité, lorsque la douleur présente plusieurs des caractéristiques suivantes : 

  • persistance ou récurrence, qui dure au-delà de ce qui est habituel pour la cause initiale présumée, notamment si la douleur évolue depuis plus de 3 mois
  • réponse insuffisante au traitement
  • détérioration significative et progressive du fait de la douleur, des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient dans ses activités de la vie journalière, au domicile comme à l’école ou au travail.

Lorsqu’elle devient chronique, la douleur perd sa ‘finalité’ de signal d’alarme et elle devient une maladie en tant que telle qu’elle que soit son origine.

Les différents types de douleur chronique

  • La douleur par excès de nociception (ou inflammatoire)

La douleur nociceptive ou par excès de nociception ou encore inflammatoire est une douleur due à une stimulation persistante et excessive des récepteurs périphériques de la douleur : les nocicepteurs. 

Ce type de douleur peut survenir dans un contexte de cancer mais également dans des contextes plus ‘bénins’ comme la maladie arthrosique.

La douleur nociceptive répond aux antalgiques, cette approche pharmacologique devant être intégrée à une approche thérapeutique plus globale commune à toute douleur chronique.

  • La douleur neuropathique

La douleur neuropathique est définie comme une douleur  liée à une lésion ou une maladie affectant le système somato-sensoriel. 

L’atteinte du système somato-sensoriel peut survenir dans un contexte neurologique évident (douleur survenant après un zona, neuropathie diabétique douloureuse, douleur central survenant après un accident vasculaire cérébral..). Elle survient aussi  fréquemment dans un contexte non neurologique comme les suites post-opératoires, la chirurgie (même bénigne) étant souvent responsable de lésions nerveuses.

Elle se caractérise par des douleurs à type de brulures ou de décharges électriques avec à l’examen clinique une hypoesthésie (diminution de la sensibilité) ou, au contraire, une allodynie (douleur induite par un stimulus non douloureux). Elle est souvent associée à des signes sensitifs non douloureux (paresthésies, engourdissement, prurit).

Le dépistage de la douleur neuropathique est d’autant plus important qu’elle peut co-exister avec une douleur nociceptive dans le cadre d’une douleur mixte. C’est notamment le cas lors de lombo-radiculalgies constituées d’une lombalgie le plus souvent de mécanisme nociceptif et d’une radiculalgie de mécanisme neuropathique.

Sur le plan pharmacologique, la douleur neuropathique répond mal aux antalgiques et elle justifie en première intention de certains anti-épileptiques et/ou de certains anti-dépresseurs.

  • La douleur dysfonctionnelle

Il s’agit d’une douleur liée à un dysfonctionnement des systèmes de contrôle de la douleur sans lésion identifiée. 

Les douleurs dysfonctionnelles les plus fréquentes sont la fibromyalgie, la céphalée de tension, la colopathie ‘fonctionnelle’ ou la cystite interstitielle.

En l’état de nos connaissances, la douleur dysfonctionnelle répond peu au traitement pharmacologique et sa prise en charge thérapeutique fait plus appel à des approches non-pharmacologiques.

 

LA MALADIE CHRONIQUE

Définition 

Les maladies chroniques sont des affections de longue durée qui en règle générale, évoluent lentement.

Le Haut Conseil de la santé publique propose dans son rapport de novembre 2009 " La prise en charge et la protection sociale des personnes atteintes de maladie chronique" d’utiliser une définition transversale de la maladie chronique et caractérisée par :

  • la présence d’un état pathologique de nature physique, psychologique ou cognitive, appelé à durer
  • une ancienneté minimale de trois mois, ou supposée telle
  • un retentissement sur la vie quotidienne comportant au moins l’un des trois éléments suivants :

‐       une limitation fonctionnelle des activités ou de la participation sociale

‐       une dépendance vis-à-vis d’un médicament, d’un régime, d’une technologie médicale, d’un appareillage ou d’une assistance personnelle

‐        la nécessité de soins médicaux ou paramédicaux, d’une aide psychologique, d’une adaptation, d’une surveillance ou d’une prévention particulière pouvant s’inscrire dans un parcours de soins médico-social.

Liste des maladies chroniques

  • Accident vasculaire cérébral invalidant
  • Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques
  • Artériopathie chronique avec manifestations ischémiques
  • Bilharziose compliquée
  • Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves ; cardiopathies congénitales graves
  • Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses
  • Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé et infection par le VIH
  • Diabète de type 1 et diabète de type 2
  • Myopathie
  • Hémoglobinopathies, hémolyses, chroniques constitutionnelles et acquises sévères
  • Hémophilies et affections constitutionnelles de l'hémostase graves
  • Hypertension artérielle sévère
  • Maladie coronaire
  • Épilepsie grave
  • Maladie d'Alzheimer
  • Maladie de Parkinson
  • Maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé
  • Mucoviscidose, BPCO et le syndrome déficitaire de l'alpha 1-antitrypsine (AAT)
  • Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif
  • Paraplégie
  • Périartérite noueuse, lupus érithémateux aigu disséminé, sclérodermie généralisée évolutive
  • Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave
  • Affections psychiatriques de longue durée (schizophrénie, trouble bipolaire type 1, trouble grave de la personnalité)
  • Maladie de Crohn
  • Sclérose en plaques
  • Scoliose structurale évolutive (dont l'angle est égal ou supérieur à 25 degrés) jusqu'à maturation rachidienne
  • Spondylarthrite ankylosante
  • Suites de transplantation d'organe
  • Tuberculose active, Lèpre
  • Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique, leucémie.